Composer des résistances, comme une mélodie dans l'aride, comme un thé à la menthe servi sur une table où il n'y ni pain ni légumes, comme un arc se tend pour flécher un chemin invisible, comme une caresse sur un crâne creusé d'angoisse, comme aquarelle de miel, vin, mousse, sève et écume, comme un rire de fou dans un silence de lâches, comme une goutte de sang sur la pointé d'un serment d'amis, comme une question se pose pour ne pas oublier de penser, comme une boxe de l'ombre sous la lune quand la nuit apprend à se battre, comme ce parfum qu'on retient d'une fleur qui manque, comme une ronde dans la rue quand le bitume se change en piste de transe, comme un doigt d'honneur à l'argent sale qui vient de tendre la main, comme une chanson gauchère dans un débat trop adroit, comme une raison d'amour l'emporte sur des mesures de sécurité, comme un muet sent sur sa langue un poème, comme pétille une lame qui ne sabre que le champagne, comme un enfant sème des cailloux pour revenir d'où son père veut le perdre, comme nous nous serons nus, éperdus, pour que rien ne s'efface du désir que nos regards ont reconnu et d'une inspiration qui nous a plu.