Je verrai sourire où la paresse ne sentait que détresse. Et des fêlures ouvertes aux résistances, aux semences, où tout se lissait comme une longue absence. Je goûterai un peu de mélodie où je fuyais la peur des cris. J'aurai des ennuis tendres où j'éprouvais cette douleur d'attendre. Je passerai mes doigts sur les plis de la souplesse, où la vitesse les brusquait dans ses débris. J'aurai des chagrins farouches où les larmes se couchaient comme des fruits piétinés. Je flotterai sur une ligne pudique où la rancoeur ruisselait. Je gainerai le silence avec les muscles profonds d'une ritournelle. Comme on danse et respire avec les mouvements du ventre. Je me retournerai vers ce qui revient ou s'éloigne ou s'efface, comme une conscience du givre perceptible dans une éclosion. Je brulerai les mèches du courage sur ma peau. Je n'en ferai pas des cierges dans le vide, mais des lueurs à vif. Et je dirai un prénom comme un poème qu'on m'aurait offert.