Aller où les chansons manquent de temps. Où les arbres écrivent aux analphabètes. Où l'absence ne dure que pendant un voyage vers la mer. Où la douleur répond non merci aux invitations compulsives de la mort. Où les mystères brodent des indices sur les surfaces fêlées. Où les amis trouvent comment rester unis pour contourner les séparations que les amoureux ne peuvent pas éviter. Où l'arôme d'un café dit à bientôt à quelqu'un qui n'a plus d'adresse. Où la rigueur et la tendresse des langages ne se contentent pas d'être des promesses. Où la force se redresse des poussières qui l'aspirent. Où les bras fourmillent comme un sable effleurant le large. Où les jambes peuvent marcher tard quand les pneus ont crevé tôt le matin. Où l'humour d'un enfant tord le cou aux velléités d'injustice. Où dormir n'est pas un rendez-vous manqué.Où un oeil au beurre noir peut devenir le nez d'un clown quand un visage se recompose. Où les excuses ne sont pas l'habitude de gens faibles, fatigués, ni une manière insignifiante de s'effacer, mais l'ouverture à d'autres dénouements que consentent aux autres des présences bienveillantes.