A force de formuler des mots d’adultes, tu avales ton alphabet d’enfant. Chaque lettre noyée dans l’estomac. Tu accordes trop de foi aux apparences du réel et aux évidences rationnelles. Mais tu peux soudain avoir la chance, lors d’une promenade, un matin ou peut-être un après-midi, qu’un goût de groseille sonne rouge sur ta langue, comme le soleil sanguin d’un ciel de gamin, dans une grammaire proche de la malice des plantes avec la terre.